Le blog de Kon Tiki

Chronique d´Amazonie

Olivier

1ERE PARTIE : LA REMONTEE DE L`AMAZONE

 

Samedi 9 Mars 2013

 

10 H : Je pose un pied sur le pont du San Marino II. Il y a des gens qui ont déjà installés leurs hamacs au premier étage du navire.

Je choisi le second étage, il est presque vide. Évidemment, j’ai pas de hamac. Je pensais qu’on pouvait en louer un alors je n’ai pas pris le mien.

Je dormirais sur un banc, pas grave. Le bateau est censé partir à midi mais je vois qu’on est en train de charger la cale et qu’il y a encore trois camions qui attendent. On est pas prêt de partir.

Les passagers arrivent petit à petit, au compte goutte.

On continue à charger ; deux camions entiers de tomates, un de pastèques, et un d’oignons. Je me demande ou ils arrivent à parquer tout ça.

16 H 30 : On quitte enfin le port de Belém.

17 H : Toujours devant le port. Trente minutes qu’on fait presque du surplace. Le bateau fait de drôles de manœuvres, on dirait qu’il est enlisé au milieu de la rivière et les hélices recrachent plus de boue qu’autre chose.

Une petite vedette tourne autour du navire. Des gars à bords font des grands signes au commandant lui indiquant une direction à suivre. Le navire se dégage peu à peu et suit les indications données. Ça y est, on est enfin parti.

18 H 20 : le bateau est de nouveau freiné. On arrive à se dégager plus facilement cette fois et sans l’aide de personne. A ce train là je suis pas arrivé à Manaus.

18 H 55 : Il fait nuit. Nous passons devant le petit village de Barcarena.

20 H : Le bateau se met à rouler de plus en plus fortement pendant quelques instants, je trouve ça marrant, mais un passager apeuré se jette sur les gilets de sauvetage, en passe un autour du cou puis essaye de se fabriquer une bouée avec deux autres en s’agrippant à son hamac. Le commandant viendra le rassurer quelques minutes plus tard.

21 H : Je me couche sur une planche en bois qui sert normalement a poser les bagages des passagers.

 

Dimanche 10 mars 2013

 

4 H 40 : J’entends pétarader. Un petit bateau vient se mettre à couple du San Marino II et tout en continuant notre route on charge encore des marchandises dans la cale.

Le jour se lève peu à peu sur l’amazonie. Cette amazonie de mon imaginaire, celle de mon enfance, celle de Tintin où de Corto Maltese, celle qui fascine et celle qui effraye en même temps. Je passe de longs moments à observer la foret qui défile devant moi. Le moindre bout de bois qui flotte à la surface et j’imagine un crocodile, le moindre remous dans l’eau et je me dis qu’un anaconda ne doit pas être loin, une branche qui bouge et j’imagine que des indiens nous observent, prêt à nous tirer dessus des flèches empoisonnées… mais rien de tout ça n’arrive et nous continuons notre route, imperturbable, sur les eaux boueuses de l’amazonie.

9 H : On s’arrête devant une scierie pour charger du bois à présent.

10 H 42 : Un pylône rouge et blanc d’une trentaine de mètres vient perturber le paysage, c’est un relais téléphonique, au milieu de la jungle, pour permettre aux populations des rester en contact avec leurs portables…

Depuis le départ de Belém il y a constamment des maisons disséminées un peu partout le long des rives. Souvent, de très jeunes enfants, viennent à notre rencontre sur leur pirogue en espérant que quelqu’un jette quelque chose par-dessus bord. Certains doivent avoir à peine quatre ans et manient leurs embarcations avec une dextérité inouïe.

11 H : Une pirogue au milieu du fleuve oblige le commandant à actionner la sirène ; en fait, les occupants de cette pirogue, une fille d’une quinzaine d’années et ses trois petits frères et sœurs dont le plus grand ne doit pas avoir plus de huit ans vont procéder de la façon suivante :

Ils s’approchent le plus possible de notre bateau, et une fois la proue du navire à leur niveau, les trois petits se mettent à ramer et la grande passe un crochet dans un gros pneu qui sert de pare battage au San Marino II, le tout à pleine vitesse. Une fois accrocher au pneu ils n’ont plus qu’à hisser leur pirogue le long du bateau pour avoir plus de stabilité et le tour est joué. Ils montent ensuite à bord vendre divers fruits et légumes puis s’en repartent, comme ils étaient venus.

J’ai compté jusqu’à quatre pirogues attachées au bateau en même temps.

Incroyable !

J’ai souvent les yeux fixés sur la rivière, à la recherche du boto, ce dauphin d’amazonie qui selon la légende se transformerait en beau garçon les soirs de bals pour y séduire les jeunes filles avant de les entraîner vers les berges afin de les féconder.

Mais jamais je n’en apercevrais.

16 H : C’est jour de match, et derby en plus : Batofogo X Vasco de Gama !

Tout le monde se presse à l’arrière du navire, ou se tient le bar et la télévision ; Et oui même au milieu de l’amazonie on ne manquerai pour rien au monde un match de football. Le problème est que l’antenne fixé sur le toit du bateau bouge en permanence il y a donc un gars qui doit la réorienté très souvent mais pas de panique, le support traverse le pont supérieur et on peut la régler depuis le bar comme ça personne ne manque rien au match…

 

19 H : Nous faisons escale à Gurupa. En générale les escales durent environ une demi heure, le temps d’embarquer ou de débarquer quelques passagers, une voiture par ici, une moto par là et un peu de marchandises en tout genre.

 

Lundi 11 mars 2013

 

3 H 30 : Escale à Almeirim.

8 H 30 : Je m’éveille alors que nous remontons un igarapé à peine plus large que le bateau. Malgré le fait que je sois allongé sur des planches en bois je dors bien, très bien même.

Le paysage change un peu. De forêt dense et compact il s’étend maintenant sur tribord de petites clairières avec ici et là une ferme plus ou moins grande. Quelques vaches, veaux, cochons, poules se promènent le long de la rive. Deux chevaux amaigris nous regardent passer. C’est marrant cette odeur, ça sent un peu comme à Pierrefiche…

Puis la rivière de nouveau s’élargit et en arrière plan, toujours sur tribord on distingue quelques montagnes.

La rivière est très large maintenant. Nous nous tenons toujours près d’un bord. Un paquebot nous dépasse par bâbord. Il est vrai qu’il y a énormément de trafic sur l’amazone, de la petite pirogue au bateaux plus moyens jusqu’au cargos, tout y passe.

11 H : Escale à Prainha, avec 7H30 de retard sur l’horaire initialement prévu.

11 H 30 : Le commandant vient me parler. Il ne parle que le portugais. On a du mal à se comprendre, enfin tout ce que je comprends c’est que ça tourne autour du repas, il me demande si j’ai déjà mangé, si je vais mangé ou si j’ai à mangé… Je réponds non.

11 H 40 : Le commandant vient me chercher et m’emmène au niveau de la cale ou il y a une cuisine et me fait servir un plat.

Au dessus de la cuisine il y a une plaque ou il est écrit qu’il faut acheter un ticket au bar pour pouvoir manger ici. Personne ne m’en a parler et quand j’ai demandé au bar ce qu’ils proposent à manger on m’a répondu que ce qu’il y a sur les étagères, en l’occurrence des chips, du pop corn et des soupes chinoises. Je trouvais ça un peu louche surtout que j’ai souvent vu depuis deux jours des gens ramener des assiettes pleines de nourritures de la cale jusqu’à leurs hamacs…

Bref, ce midi je suis l’invité du commandant et comme j’avais épuisé mon stock de nourriture ça tombe bien !

A Belém on m’avais prévenu que la nourriture sur le bateau n’était pas terrible et très chère donc je m’étais fait des rations pour tenir jusqu’à Santarem.

Nous naviguons toujours du côté tribord de la rive ou s’étendent toujours de grandes clairières ou batifoles quelques aigrettes.

16 H : Escale à Monte Alegre.

Hier j’avais sympathisé avec Denils, un passager qui possède une carte de la région et qui m’avais expliqué le cheminement à travers les différent bras d’eau jusqu’à Santarem. Aujourd’hui Denils reviens me voir avec sa carte et m’explique qu’il s’arrête à Santarem et qu’il va me donner son hamac car il pense que je ne suis pas très confortablement installé sur mes bouts de bois.

Quel journée ! J’ai gagné un repas et un lit ! L’Amazonie commence à me plaire de plus en plus.

 

Mardi 12 Mars 2013

 

00 H 30 : Denils me tape sur l’épaule alors que je dormais profondément, on vient d’arriver à Santarem, il me fait signe de prendre son hamac ; Obrigado !

8 H : J’ai cinq heures devant moi avant que le bateau reparte, je pars en ville. Santarem ne présente guère d’intérêt, si ce n’est pour faire du shopping dans ses ruelles. J’en profite d’ailleurs pour m’acheter un short et un débardeur.

Les rues du centre ville de Santarem ressemblent un peu à celles de la France du début des années 2000 avec une boutique de téléphones portables tous les quinze mètres.

Le paquebot qui nous a doublé hier fait aussi escale ici. C’est un bateau italien au service d’une compagnie allemande. Du coup en ville il y a plein de touristes allemands qui débarquent en bande en suivant bien gentiment leur guide…

Ils affrètent des cars rien que pour eux, faudrait pas se mélanger aux autochtones…Ce genre de tourisme pff…

Je déambule dans les rues puis repars vers le bateau aux environs de midi. Un jeune homme qui est du voyage depuis Belem vient me voir et me demande si j’ai acheté un hamac ; je lui explique qu’on me la donner et il me plaisante sur le fait que c’est plus confortable que sur le sol chose à quoi je réponds que non, bref ça taquine, l’ambiance est bon enfant.

13 H 14 : On repars presque à l’heure.

Je vais à la rencontre d’un type qui est tout seul et qui n’a pas le physique d’un brésilien. Il est uruguayen et me dit partir pour la Colombie. Malheureusement il ne parle pas anglais et on se comprends à moitié.

14 H : Je m’affale dans « mon » hamac, j’ai de nouveau la crève. J’étais arrivé à Belém tout juste soigné d’une grippe que j’avais attrapé à Rio.

Bref, j’essaye de me reposer un peu.

Le bateau longe toujours la rive droite faite de longues clairières marécageuses d’où surgissent de temps à autres quelques maisons sur pilotis. Parfois quelques enfants jouent au football les pieds dans l’eau jusqu’à mi-mollets improvisant un but sous les maisons.

21 H : Escale à Obidos, avec déjà une heure de retard.

J’ai mal au crâne et de la fièvre, je prends un médicament et tente de dormir un peu.

21 H 30 : On repart, on éteint les lumières à bord, je m’enfonce dans mon Hamac, je m’assoupi, je rêve…

…Un oiseau vient se poser sur le rebord de mon hamac ; malgré l’obscurité je distingue nettement ces contours, et la couleur bleuté de sa queue. Je sent surtout sa chaleur, qui me réconforte, qui m’apaise, et soudain je n’entends plus rien, plus un bruit ; ni le moteur du navire, ni le glissement de l’eau sur sa coque. Et l’oiseau de me regarder, sans bouger, impassible. Tout à coup je me sent mieux, je n’ai plus mal à la tête, plus de fièvre, j’ai retrouver de l’énergie. Cet oiseau, c’est la réincarnation d´un grand chaman qui vie dans la forêt amazonienne et qui panse les blessures, guéri les maladies, anéanti les chagrins et les peines, redonne de l’espoir au plus démuni. Il est venu, il m’a vu, il m’a guéri, comme ça, par magie, cette magie qui ne vie que dans la profonde forêt amazonienne…

 

Mercredi 13 mars 2013

 

3 H : Escale à Juruti. C’est long, j’entends décharger une partie de la cargaison de Belém.

4 H 30 : On repart. Je suis évidemment toujours aussi malade, et j’ai en plus des courbatures dans les jambes qui me font un mal de chien. J’ai du mal à dormir.

10 H : Arrivé à Parintins.

12 H : Un membre d’équipage qui passe devant moi me demande en anglais si je suis malade en voyant ma tête qui certainement doit faire peur. Je lui réponds que oui mais que je n’ai plus de médicaments, il me dit en avoir et part aussitôt m’en chercher un. Dès lors, l’alerte est donné sur le navire, et tout le monde vient me parler, me demander si ça va, on me propose à boire, à manger, et mon ami uruguayen passe me voir, inquiet, trois fois par jour.

 

Jeudi 14 Mars 2013

 

Minuit : Escale à Itacoatiara. Je n’ai toujours pas réussi à dormir. Le médicament qu’on m’a donné n’a eu comme effet que de m’enlever une partie de mon mal de tête.

 

8 H : C’est pas la joie. J’ai quasiment pas dormi de la nuit.

Un passager arrive alors avec 2 comprimés de Paracétamol que j´accepte avec plaisir.

12 H : Je me sens mieux, je n’ai plus de courbatures, et la fièvre est moins violente. Je tente de manger mais n’y arrive pas, je grignote deux ou trois biscuits mais pas plus.

16 H : Les gens commencent à plier bagages, ça sent l’arrivée toute proche. Je vais mieux, je suis sorti de mon hamac et je prépare aussi mes affaires.

17 H : C’est l’heure afficher à ma montre quand j’arrive dans le terminal passager de Manaus. En fait il est une heure de moins, on a passé un fuseau horaire pendant la remontée du fleuve.

Me voilà donc à Manaus, un peu diminué, mais prêt à en découdre avec l’amazonie.

 

2EME PARTIE : LA JUNGLE

 

Samedi 16 Mars 2013

 

Je remonte la rivière Uburu, qui signifie vautour, située à 200 km à l’Est de Manaus, dans une pirogue à moteur.

Au bout d’une petite heure, j’arrive au Lodge sous une pluie battante.

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Le Lodge, c’est un espèce de camp de vacances en pleine jungle pour les aventurier désireux de voir l’amazonie de plus près.

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J’arrive pour midi, dans la pièce qui sert de cantine où le buffet est servi. Il y a là déjà une école norvégienne qui fait son voyage de fin d’étude. Me voilà donc entouré d’une cinquantaine de norvégienne blonde aux yeux bleues ; c’est pas réellement la première chose que je pensais trouver en arrivant ici. Bref !

Après le déjeuner mon guide me préviens que nous partons cet après-midi bivouaquer dans la jungle ; Cool !

Nous partons à 7 plus 2 guides. Toute communication s’effectue dans la langue de Shakespeare.

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Nous marchons une petite heure dans la forêt puis nous nous arrêtons au bord d’un ruisseau, ou une petite cabane faite de branche, ouverte de toute part et dont le toit n’est qu’une simple bâche fera office de dortoir.

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C’est donc sous cet abri de fortune que nous installons nos hamac.

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Puis le guide commence à faire un feu et y installe au dessus des flammes une marmite contenant eau et riz. Je suis en charge de m’occuper du feu.

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La nuit commence à tombée, nous nous aspergeons de répulsif anti-moustiques. Des morceaux de poulets et de saucisses viennent maintenant lentement cuirent au dessus des flammes.

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Le guide nous taille à chacun une cuillère dans un bout de bois. Nous mangeons dans une énorme feuille de palmier en guise d’assiette. Il fait nuit, on discute un peu chacun dans son hamac puis nous nous endormons, au son du feu et des braises qui craquent dans la nuit, et des bruits de la jungle dont je peux difficilement vous évoquer par écrit les sensations.

 

Dimanche 17 Mars 2013

 

4 H : Un orage éclate, des trombes d’eau se déversent au dessus de nos têtes dont une simple bâche nous évite le contact avec l’élément liquide. Nos deux guides qui s’étaient installés un peu plus loin viennent alors se mettre à l’abri à côté de nous, non sans nous avoir bousculer un peu pour étendre leur hamac.

Il pleut de plus en plus fort, je me blotti dans mon « lit suspendu ».

7 H : La pluie s’est calmée, on recommence à allumer un feu pour y faire chauffer de l’eau pour le petit déjeuner.

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Le bruit de la jungle dans la journée est différent de celui de la nuit, des sons nouveaux parviennent à nos oreilles et d’autres qui nous étaient presque familier, disparaissent.

8 H : Nous partons en excursions à travers la jungle, afin d’y explorer la faune et la flore. On y verra que quelques singes passer à toute vitesse dans les arbres et un papillon visiblement très rare dont le guide nous expliquera que sa piqûre est aussi douloureuse que celle d’un scorpion.

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12 H : De retour au Lodge, on m’affecte une chambre avec douche et toilette privative.

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L’après-midi nous partons en pirogue sur la rivière uburu, rame à la main, à la pêche au piranha.


Contrairement à la pêche traditionnelle telle que nous la connaissons en Europe ou il faut faire le minimum de bruit afin d’avoir la chance d’attraper quelque chose, la pêche au piranha est déconcertante. En effet après avoir accroché un morceau de viande ou de poisson à notre canne il convient de plonger son extrémité dans l’eau et d’y effectuer des splashs et des remous afin d’exciter les poissons. Mais attention, le piranha est vif et surtout très rapide, si vous ne ferret pas au bon moment vous avez toutes les chances de ne remonter à la surface qu’un hameçon sans plus rien au bout. Un après-midi très divertissant qui nous aura permis de remonter une petite dizaine de poissons et de les déguster le soir au repas. Personnellement, je ne trouve pas fameux le goût du piranha.

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21 H : Nous repartons sur la rivière uburu à la chasse au caïman.

Notre guide en aperçoit un petit à travers quelques feuillages et à la lumière d’une lampe torche parvint à l’attraper. Quelques explications plus tard il le relâchera dans son élément naturel.

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Lundi 18 Mars 2013

 

4 H 30 : Mon guide me sort de mon sommeil afin d’aller tenter d’observer les dauphins roses d’eau douce.

7 H : Nous rentrons au Lodge en ayant aperçu subrepticement que deux dauphins seulement.

9 H : Mon guide m’emmène visiter les villages voisins pour que j’observe comment les autochtones vivent dans cette région reculée. Plantation de manioc et pêche sont les principales activités. Le gouvernement à mis en place une navette gratuite qui vient chercher les enfants pour les amener à l’école et les ramener le soir. Pour le reste, pas « d’eau courante », pas d’électricité, mais un réseau GSM qui fonctionne…

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12 H : Dernier repas au Lodge et je quitte après avoir remercier mon guide cette forêt amazonienne qu’on apprivoise relativement facilement malgré une chaleur étouffante et un taux d’humidité très élevé. Et après une dernière heure de pirogue sur la rivière uburu c’est avec des souvenirs plein la tête que je retrouve une route goudronnée et un semblant de civilisation moderne…

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