Le blog de Kon Tiki

Maroc - Canaries

Olivier

Agadir - Lanzarote 220 Miles

 

Samedi 17 Novembre 2012

17 H : Je sors du port d’Agadir et hisse en vitesse mes voiles car le moteur chauffe et peine à recracher de l’eau. En effet, entre la boue et toutes les saloperies qui remplissaient le port la crépine d’aspiration d’eau de mer s’est bouchée.

Il y a 10 nœuds de vent d’Ouest-Nord-Ouest qui devrait tourner rapidement Nord dans la soirée, suffisant pour que je m’écarte rapidement de la côte.

Dimanche 18 Novembre 2012

00 H : Le vent s’est renforcé peu à peu pour atteindre les 20 nœuds, Kon Tiki fonce à 8 nœuds toutes voiles dehors cap au 250°.

La mer est logiquement assez agitée, je préfère ne laisser que la GV en place et affale le foc afin de passer une nuit tranquille. Kon Tiki avance encore à 5 bon nœuds bousculé par une houle irrégulière de 3 mètres.

7 H : La nuit s’est déroulée sans incident mais dans un confort approximatif.

Kon Tiki fait désormais cap au 270° à 5,5 nœuds.

12 H : Je croise pour la première fois du voyage quelques tortues qui se débattent entre les vagues.

17 H : Le vent est retombé à 10 nœuds. Kon Tiki fait route au 245° à 5 nœuds ; nous avons parcouru 131 miles en 24 H.

Lundi 19 Novembre 2012

00 H 40 : Kon Tiki continue son petit bonhomme de chemin vers l’ouest cap au 255° toujours à 5 nœuds.

6 H 20 : Terre en vue ! Le vent à tendance à mollir un peu, nous n’avançons plus qu’à 4 nœuds de moyenne.

13 H 45: Il reste 13 miles jusqu’à la marina Rubicon de Lanzarote, mais le vent ne souffle plus qu’à 5-6 nœuds. Je dois approcher au plus près du port car je ne peux pas utiliser le moteur trop longtemps. Kon Tiki déambule sur la mer à 2,5 nœuds, c’est long, très long…

18 h : J’ai mis en marche le moteur à 0,8 miles du but pour accoster au ponton d’accueil de la marina. Le moteur n’à pas trop chauffer et je réussirais le lendemain aidé par un plaisancier qui était à Agadir aussi à débouché la crépine.

 

 

Lanzarote - Ténérife 130 miles

 

Jeudi 22 Novembre 2012

10 H 30 : Kon Tiki quitte Lanzarote pour rejoindre l’île de Tenerife à 130 miles au Sud-Ouest.

Le vent est faible jusqu’à ce que l’on dépasse la pointe de l’île, la Punta Pechiguera. Dès lors, 15 nœuds de Nord-Est nous porte vers l’Ouest à une vitesse de 7 nœuds dans une mer relativement calme.

14 H : Cap au 240°, je suis rejoins petit à petit par un autre bateau que je soupçonne être un catamaran mais j’en aurais jamais la certitude car il me dépasse par bâbord et les vagues m’empêchent de voir la coque.

18 H : La nuit commence à tomber et Kon Tiki file toujours à 7 nœuds ; j’affale le foc.

Je longe à une trentaine de miles au Nord l’île de Gran Canaria.

Je croise quelques cargos. Le ciel est dégagé et clair, parsemé d’étoiles qui se mélangent avec les lumières de l’île. Kon Tiki avance à 6 nœuds, et son matelot ne compte plus les étoiles filantes. A un moment donné je me demande même si ce n’est pas un débris venu tout droit de l’espace qui vient de tomber à 2 miles devant l’étrave du bateau.

Vendredi 23 Novembre 2012

8 H 30 : Il fait déjà beau et chaud mais le vent s’est complètement effondré. Nous n’avançons plus qu’à 3 nœuds.

10 H 30 : On avance presque plus du tout, et le vent tourne dans tous les sens ; je mets en route le moteur pour rejoindre le port de Santa Cruz de Tenerife à un peu moins de 20 miles.

Pour se repérer c’est très facile il suffit de prendre comme amer l’auditorium de Tenerife qui ressemble étrangement à l’opéra de Sydney et qui est visible à plus de 15 miles.

13 H 50 : J’accoste tout seul au bout du 3eme essai sur une place libre à la marina de Santa Cruz alors qu’il aurait fallut que j’appelle avant sur la VHF.

Et bien m’en a pris car juste en face de Kon Tiki je retrouve l’équipage de Rock Sadiq, équipage français avec qui j’avais fait connaissance à Gijon lors de ma première escale, 2 mois et demi plus tôt !

 

 

 

 

Ténérife - Bahia de Abona - Gran Canaria 85 Miles

 

Mercredi 28 Novembre 2012

10 H 30 : Je sors de la marina de Santa Cruz en même temps que plusieurs autres plaisanciers. J’ai décidé d’aller voir le mouillage dans la bahia de Abona.

11 H 30 : Kon Tiki avance à 4-5 avec 10 à 15 nœuds de vent de Nord-Est.

13 H : Le vent à brusquement changé de direction pour passer au Nord-Est ce qui vaudra à Kon Tiki son premier empannage involontaire.

14 H 30 : Kon Tiki arrive sur la bahia de Abona, pas si bien protégée que ça, pas de voilier en vue au mouillage donc je décide de repartir vers Gran Canaria et Las palmas à environ une soixantaine de miles derrière nous.

En empannant cette fois volontairement j’ai mal retenu l’écoute de GV et la sentence ne s’est pas fait attendre puisque le crochet qui retient l’écoute à la bôme s’est arraché. La bôme pend donc en travers du bateau. J’arrive à la ramener et à l’amarrer le temps de réfléchir à quoi faire. J’ai d’autres crochets sur la bôme mais je ne sais pas s’il sont assez résistant pour aller jusqu’à Las Palmas car la mer est assez hachée par moment et les rafales de vent montent facilement à 20 nœuds. Je mets le moteur en marche et fais route vers Gran Canaria. J’essaye de remettre la GV avec 2 ris mais j’ai du mal à la hisser ça bouge dans tous les sens du coup je ne préfère pas tenter le diable et affale complètement la GV.

J’essaye ensuite de mettre le foc uniquement mais vu les conditions ça va trop vite et le bateau est mal équilibré donc j’enlève aussi cette voile puis continue ma route au moteur jusqu’à Las Palmas.

Je croise pas mal de voiliers entre Tenerife et Gran Canaria.

Jeudi 29 novembre 2012

00 H : Nous sommes à hauteur de Punta Sardina sur Gran Canaria. Il nous faut traverser jusqu’à la péninsule de la Isleta à 20 miles puis la contourner pour arriver au port.

4 H : Arrivé à hauteur de la péninsule de la Isleta, le trafic s’intensifie.

5 H : A quelques encablures de l’entrée du port de commerce qui abrite la marina. Les cargos entrent et sortent et je dois me faufiler entres les masses d’acier qui snobent Kon Tiki.

L’entrée de la marina est identifiée bizarrement par 2 balises rouges ce qui rajoute une dose d’interrogation au skipper fatigué car normalement c’est une verte pour tribord et une rouge pour bâbord… ben non ici c’est deux rouges et c’est juste arrivé dessus que l’on aperçoit l’entrée du petit chenal menant au ponton.

Les pontons visiteurs sont pleins à craquer je me dirige vers un ponton ou un anglais me fait signe avec son briquet qu’il y a de la place. Le vent rentre pas mal dans la marina et c’est avec un peu de mal que j’arrive sur le ponton ou je vais une nouvelle fois rayer un peu l’avant la coque de Kon Tiki même si mon camarade anglais est venu m’aider à m’amarrer.

Bref, il est 6 heures et des poussières mais je suis arrivé à Las Palmas, dernière escale avant le grand plongeon vers le sud. Une tasse de café et je vais essayer de me reposer un peu en attendant les officielles de la marina.

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