Le blog de Kon Tiki

Portugal - Maroc

Olivier

Leixoes - Figueira Da Foz 66 MILES

Mercredi 3 Octobre 2012 ;

17 h : Départ de Leixoes aidé par Jean-François et Sylvie, couple qui voyage sur un super Voilier en alu dessiné et construit par Jean-François.

Cap au 190° avec la seule GV j’avance au portant à presque 5 nœuds c’est bien et je ne suis pas pressé car je souhaite arriver de jour à Figueira Da Foz. Il y a pas mal de trafic sur la mer dans ces endroits il faut veiller constamment.

Je passe une nuit tranquille car il n’y a rien à faire on suit toujours le cap au 190°.

Jeudi 4 Octobre 2012 ;

4 h : Je sors du carré pour faire un tour d’horizon et là plus d’écoute de GV !

En fait elle pend à la bôme qui est en travers du bateau ; une clavette s’est barrée et elle s’est délogée de son rail, ce n’est pas grave je la replace et tout va bien.

6 h : Il n’y plus de vent. Il reste environ 10 miles je mets en marche le moteur.

8 h 30 : J’arrive devant le chenal d’entrée, il y a un courant de jusant de 3 noeuds et je dois franchement accéléré pour rentrer dans la passe.

9 h : Kon Tiki est amarré dans la marina de Figueira Da Foz où l’on parle très bien français à la capitainerie.

 

Figueira Da Foz - Peniche 60 MILES

Jeudi 11 octobre 2012 ;

9 h 35 : Kon Tiki quitte le port de Figueira Da Foz où il aura effectué sa plus grande escale jusqu’à présent, soit 7 jours.

Jo, navigateur solitaire Allemand qui a mon age, me donne un coup de main pour sortir de la marina.

Dans la passe, je croise les pêcheurs qui vont et viennent et qui ont toujours un signe amicale envers le plaisancier que je suis.

Je hisse la GV à la sortie de la passe en croisant un autre voilier à coque jaune toutes voiles affalées qui semble vouloir rentrer vers la marina.

Il n’y a pas trop de vent alors je sors mon foc et commence à l’endrailer sur l’étai largable avec un peu de mal, un peu de houle, et surtout j’ai placé mon point d’écoute à la place du point d’armure…bref des erreurs de débutant comme d’habitude.

10 h 35 : Ça y est Kon Tiki fait route au 185° avec 10 nœuds de vent apparent et une vitesse de 5 nœuds, tout va bien.

Je vois Jo sortir du port et se démener pour hisser ses voiles ainsi que l’autre voilier jaune de tout à l’heure qui cette fois avance toute voile dehors à une vitesse très rapide dans la même direction que moi.

Il ne mettra pas longtemps à me rattraper et à disparaître dans l’horizon ; il a le moteur en plus vous croyez où c’est moi qui n’avance pas…

13 h : Le vent a tourné au nord mais s’est un peu affaibli, Kon Tiki fait cap au 240°.

Jo ne s’éloigne pas trop du rivage et longe les plages portugaises avec son bateau de 8 mètres.

15 h 30 : Le vent a forci un peu Kon Tiki fonce à 5-6 nœuds sur une mer belle et une houle inférieure à 1 mètre.

18 h : Cap au 180°, allure de grand largue, j’arrive doucement sur les îles Berlenga.

23 h : Une fois de plus j’arrive de nuit devant l’entré du port de Peniche, il y a pas mal de bateaux de pêche dans tous les sens mais cela m’aide à me repérer et à trouver le chenal d’entrée du port.

De la musique arrive de la plage juste en face, là où se tient depuis deux jours le RipCurlPro Portugal, compétition de surf.

Arrivé dans l’enceinte du port je fais un petit tour histoire de repérer les lieux et le ponton visiteur qui consiste en un long ponton où les voiliers sont les uns derrière les autres. Ça clapote et ça souffle un peu, je vise le bout du ponton, normalement le plus facile.

Premier essai ; loupé.

Deuxième essai ; reloupé. En reculant pour retenter ma chance une vedette des douanes m’interpelle et me demande si je sors où si je rentre.

Je leurs réponds dans un anglais impeccable que je souhaite accoster et que je suis tout seul donc s’ils avaient l’amabilité de m’aider cela me ferait très plaisir.

Et les mecs de me répondre avec un grand sourire qui pour moi signifiait ; pas de problème on arrive !

Ben non, mes deux gugus s’éloignent de moi à grands coups de moteur…

Bon… Troisième essai alors qui fut cette fois concluant et Kon Tiki sera amarré solidement sur un ponton un peu branlant.

Au menu du soir : Cassoulet !

 

Peniche - Cascais 46 MILES

Samedi 13 octobre 2012 ;

8 h 15 ; En m’éloignant vers la sortie du port je croise Jo qui me hurle qu’il est arrivé cette nuit au mouillage mais qu’il ne semble pas apprécier l’endroit puisqu’il repart aussi vers le sud.

8 H 40 ; Kon Tiki se faufile entre les pêcheurs à 3 nœuds au cap 190°. Le vent fais un peu défaut.

9 h : Cap au 170° à 4 nœuds.

9 h 30 : Le vent tourne un peu dans tous les sens, Kon Tiki fait cap au 240° mais reste cloué à 2 nœuds.

Jo un peu derrière à sorti son spi mais n’avance guère plus vite.

10 h : Tristan, un écossais rencontré la veille sur le ponton et qui s’en va lui aussi vers Lisbonne pour rejoindre sa femme me dépasse, il est au moteur avec la GV seule.

10 h 30 : Je bataille dans tous les sens mais ça n’avance pas je suis à 2,5 nœuds.

11 h 30 : La tension monte, je décide de mettre le moteur pendant une heure histoire de m’éloigner un peu de la côte et espérer toucher du vent.

12 h 30 : j’arrête le moteur et essaye de faire avancer Kon Tiki dans cette pétole.

Rien à faire on est toujours cloué à 2 nœuds, à cette moyenne j’arriverais demain matin à Cascais. Je regarde plus attentivement la météo téléchargé la veille sur l’Ipad et me rends compte qu’en fait il n’y aura pas plus de vent que ça pendant les douze prochaines heures.

13 h 30 : Devant je ne vois plus Tristan qui a dû continuer au moteur ; derrière j’aperçois parfois Jo au loin qui bataille toujours avec son spi et moi au milieu j’ai parcouru à peine une douzaine de miles et il en reste une bonne trentaine.

Je ne suis pas d’humeur, je n’aime pas ça mais je remets le moteur en route et espère arriver cette fois avant la nuit.

19 h : Kon Tiki arrive dans la marina de Cascais juste avant la nuit après une navigation pas des plus glorieuse mais qui aura permis de préserver la santé mentale du matelot.

Soupe chinoise et au lit !

 

Cascais - Lagos 146 MILES

Vendredi 19 octobre 2012 ;

9 h 00 : Lever avec mal au crâne dû certainement à la soirée un peu arrosée d’hier soir avec Jo…

10 h 00 : Départ vers la réception avec le bateau pour faire du gasoil mais il y a déjà un gros voilier et qu’une pompe sur trois qui fonctionne… J’attends que ces messieurs finissent leur plein de 600 l…

11 h 15 : Ça est on est parti vers Sines à 50 miles au sud où Lagos si les conditions s’y prêtent.

Il y a un peu de vent, Kon Tiki vogue à 4 nœuds pendant 2 h puis plus rien.

Je mets le moteur en marche jusqu’à 18 h 30. Je ne suis qu’à une quinzaine de miles de Sines mais je décide de continuer vers Lagos quand même.

Le vent est très faible mais permet à Kon Tiki d’avancer à 2,5 nœuds.

Alors que l’on a traversé plusieurs averses durant la journée il fait à présent beau et sec. La météo à prévu du beau temps pour demain de toute façon.

 

Samedi 20 octobre 2012 ;

1 h : Le vent à forci petit à petit et Kon Tiki fonce à 5,5 nœuds. Pourvu que ça dure…

3 h : Ça n’a pas durée longtemps, Kon Tiki voit sa vitesse chuté à 4 nœuds.

4 h : C’est très faible on continue notre progression à 2,5 nœuds.

8 h : Le jour s’est levé sur un magnifique ciel bleu et le soleil monte peu à peu dans le ciel réchauffant le cœur du marin esseulé.

8 h 30 : Le vent est toujours faible je décide de faire un peu de moteur mais il refuse de démarrer me rejouant le scénario espagnol du contrôleur de batterie qui ne veut rien savoir ; je débranche tout pendant deux heures et barre moi-même dans le peu de vent qu’il y a.

10 h 30 : Le moteur à redémarré et Kon Tiki marche à 6 nœuds sous le soleil.

Tout à coup j’aperçois à un mile de moi par l’arrière un voilier sans toile faisant route dans le même sens. Nous naviguerons presque côte à côte jusqu’à Lagos alors qu’un autre voilier longe la cote de plus près dans la même direction que nous également. Ce sont 2 voiliers britanniques et nous arriverons ensemble à Lagos.

15 : Kon Tiki passe le Cabo de San Vincente.

15 h 30 : Kon Tiki passe devant la pointe de Sagrès. La côte à changée depuis Lisbonne ; fini les grandes plages ce sont de nouveau des falaises abruptes qui plongent dans la mer qui les sculpte petit à petit les rendant quasiment verticale à certains endroits dont on se demande comment cela est possible. De beaux spots d’escalade en perspective.

18 h 30 : Kon Tiki et ses 2 deux camarades anglais se font ouvrir le pont qui sépare la marina du chenal et font une entrée triomphante dans le port de Lagos…

Il y a ici beaucoup de gros voiliers, très beaux, très chers, appartenant la plupart à des Hollandais, Allemands ou Britanniques.

D’ailleurs j’ai l’impression que la langue officielle ici est l’anglais tant sur les pontons que sur les panneaux indiquant la direction des diverses installations au pourtour de la marina où les douches sont parcourues de marbres…

Menu léger ce soir : thon, œuf, tomates et au lit !

 

Lagos - Portimao 6 MILES

Dimanche 21 octobre 2012 ;

15 h : J’utilise pour la première fois du voyage la VHF pour demander à la réception de m’ouvrir le pont pour sortir de la marina.

16 h : Kon Tiki fait route au moteur vers Portimao.

6 miles séparent les 2 marinas…

6 miles sous une pluie battante, 6 miles dans une houle faible mais courte qui fait tanguer le bateau de droite à gauche, 6 miles dans un brouillard épais ou ne voit rien à plus de 500 mètres, 6 miles et une entrée de port que l’ont aperçoit qu’au dernier moment … J’ai franchement connu mieux comme navigation !

17 h : Kon Tiki est amarré à son ponton et sera nettoyé en profondeur jusqu’à la nuit tombée.

Ceci est normalement la dernière escale avant la traversée vers l’Afrique et le Maroc !

 

 

Portimao - Agadir 465 Miles

Jeudi 25 Octobre 2012 ;

16 h 15 : Kon Tiki quitte l’Europe pour l’Afrique ; l’émotion est palpable, l’excitation est à son comble.

Je prévois selon les conditions météo 4 jours de mer minimum.

A la sortie de la marina de Portimao la mer est passablement agitée, un vent de Sud-Ouest souffle à 10 nœuds et la houle est inférieure à 2 mètres.

Kon Tiki n’avance qu’à 3,2 nœuds cap au 190°.

Le vent forci peu à peu durant la journée pour atteindre les 20 nœuds par moment. La mer est agitée, je prends un angle au plus près du vent pour faire moins gîté le bateau et pouvoir garder toute la toile durant la soirée.

Vendredi 26 Octobre 2012 ;

2 h 35 : Les grains se succèdent tout au long de la nuit incrémentant la vitesse du vent à 25 nœuds ce qui m’oblige à prendre un ris. Pour autant Kon Tiki fait route au 210° à 5 nœuds seulement.

11 h : Le vent oscille entre 15 et 20 nœuds sous les grains et Kon Tiki file toujours à 5 nœuds.

16 h 15 : Le premier point après 24 h de mer affiche une distance de 101 miles parcourus ce qui n’est pas si mal.

21 h 40 : La mer s’est calmée ce qui a pour effet de faire progresser le bateau à 6 nœuds dans un confort appréciable pour son matelot.

Samedi 27 Octobre 2012 ;

7 h : Kon Tiki vogue toujours à 5 nœuds. Ici l’océan prends une magnifique couleur bleue que je n’avais encore jamais vue mais il dépose sur le bateau une couche de sel invraisemblable ; il n’y qu’à passer sa main sur les filières pour en avoir plein les doigts.

J’ai passé une bonne nuit réussissant enfin à dormir correctement par tranche de 40 min.

8 h : J’ai voulu mettre en route le moteur pour faire le plein des batteries et une fois de plus vous vous en doutez il n’a pas démarré.

11 h : Le vent faiblit peu à peu mais j’ai réussi à démarrer le moteur.

Un plus gros problème survient alors ; l’inverseur est bloqué et je ne peux pas avancer ni reculer.

16 h 15 : Après 48 h de mer Kon Tiki à parcouru 221 miles soit 120 miles dans les dernières 24 h.

20 h : Le vent s’effondre à 8 nœuds, Kon Tiki fait route au 195° à 3,5 nœuds.

 

Dimanche 29 Octobre 2012 ;

7 h 20 : J’ai passé une bonne nuit mais le vent s’est encore affaibli et je n’avance plus qu’à 2,5 nœuds.

11 h :Le vent tourne Est Sud-Est à 3 nœuds ce qui ne fait pas décoller suffisamment Kon Tiki. J’en profite pour démonter l’inverseur, les mains dans le cambouis, un pied pour tenir la barre car l’inverseur se situe évidemment du côté où est installé mon pilote automatique et la trappe arrière qui me tombe toutes les 5 minutes sur la tête …… je voudrais vous y voir vous !!!

13 h : Toujours un inverseur coincé. Je me plonge dans mes livres et découvre que l’on peut manipuler l’inverseur directement sur le moteur. Hourra !

Il n’y a plus de vent alors j’avance au moteur pendant 1h30 et refais le plein d’énergie.

14 h 40 : Je coupe le moteur et fais route au 210° profitant d’un vent de Sud-est qui souffle à 6 nœuds.

16 h 20 : Ça n’a pas duré longtemps et voilà que je remets un coup de Volvo.

Les dernières 24 h n’ont pas été très prolifique car nous n’avons parcouru que 85 miles dont une dizaine au moteur soit 306 miles en 3 jours.

19 h : Kon Tiki avance timidement à 2 nœuds au cap 210° avec 6 nœuds de vent de Sud-Est ; c’est dimanche soir, j’en profite pour enfourner une pizza, boire un coca et écouter RMC que je capte grâce ma radio BLU..

22 h 30 : Le vent augmente jusqu’à 10 nœuds ce qui permet à Kon Tiki de glisser sur l’eau à une vitesse de 3,5 nœuds. Je me laisse bercer par l‘océan, repu par le festin du soir et passe une nuit des plus paisible au son de l’eau qui court le long de la coque de mon fidèle partenaire.

Lundi 30 Octobre 2012 ;

6 h 30 : Plus de vent.

7 h 20 : 6 nœuds de vent Ouest- Sud-Ouest, cap au 180° à 4 nœuds.

9 h 45 : Le vent tourne au Sud-Est à 7 nœuds, cap au 185°.

Je m’attends à tomber sur la dépression prévue sur les côtes marocaines pour aujourd’hui mais j’espère secrètement passer au travers.

12 h : 20 nœuds de vent plein sud, vous l’avez compris on est en plein dedans.

Je passe sous GV seule avec un ris et tente une option ouest car la dépression devrait vite remonter au nord.

C‘est ballot, nous ne sommes qu’à 60 miles d’Agadir.

13 h : Des rafales jusqu’à 30 nœuds, une mer agitée et des vagues de 3 mètres.

Je prends le troisième ris de la GV et file à 3,5 nœuds au 240°.

16 h : mon option ouest ne s’avère guère prodigieuse et le temps ne semble pas vouloir se calmer. Retour vers les côtes au 120° où le ciel semble se dégager.

Plusieurs grosses vagues viennent balayer le pont de Kon Tiki ; le marin, lui, est affalé sur sa couchette et attend la trêve. Le pilote automatique exécute parfaitement son travail, même dans la tempête, heureusement qu’il est là.

21 h : Je suis exactement où j’étais à midi.

Ça souffle encore à 20 nœuds plein sud, mais il y a une tendance à l’amélioration, je mets le moteur en route et Kon Tiki avance à 4 nœuds cap au 180°, toujours bousculé par les vagues.

Mardi 31 Octobre 2012 ;

7 h : Toujours au moteur, le vent est redescendu à 10 nœuds au Sud-Est ce qui ne m’arrange pas puisque c’est ma direction. Malgré tout Kon Tiki se fraye un chemin à 5,5 nœuds et file vers Agadir.

11 h : Kon Tiki arrive dans le port d’Agadir timidement puisque je ne peux pas manipuler les vitesses du cockpit. Samir, le sympathique chef du port m’aide alors avec son équipe à m’amarrer sur le ponton centrale avant de déplacer Kon Tiki dans la journée sur son ponton définitif.

Je dois attendre la douane sur le bateau pour faire mon entrée officielle au Maroc.

12 h : Les douaniers repartent de Kon Tiki avec le sourire, charmés par Mélusine.

14 h : On vient me rendre mon passeport tamponner, ça y est je suis en Afrique !

16 h : Sans rien demander à qui que ce soit un mécano se présente à moi pour mon problème d’inverseur, et oui c’est le fameux téléphone arabe !

Il a mis 5 minutes à me le décoincer…..

En pleine mer, je n’avais pas trop osé forcer dessus, lui n’a pas hésité et ça a marché. Je suis ravi mais il me faudra 4 jours de négociation pour faire tomber le prix de la « réparation » à 100 dirhams soit 10 euros.

 

 

 

 

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